Inclusion sociale

Addiction des jeunes : « l’interdiction ne suffit pas »

Addiction des jeunes : « l’interdiction ne suffit pas »

15 Juin 2018
Drogues, porno et réseaux sociaux. Un cocktail addictif en pleine expansion chez les 14-24 ans selon une enquête publiée par Le Parisien vendredi 8 juin.
 
« C'est trop stricte », juge Lucas, en 5ème, quand on l'interroge sur l'interdiction des téléphones à la rentrée. « Cela leur permettra d'être plus concentrés en classe », argumente Frédéric Hanese, principal du collège Jean-Rostand de Metz. Comme d'autres chefs d'établissements, il prend le sujet très au sérieux. L'association « Les miettes », spécialisée dans l'addiction aux écrans, a déjà été sollicitée à plusieurs reprises. La conséquence d'une génération de plus en plus connectée sur Snapchat, Facebook et Instagram. Lucas admet lui-même « avoir passé jusqu'à 15h par jour sur les réseaux sociaux ». Depuis qu'il s'est désinscrit, il dit « mieux mémoriser en cours ».
« La consommation de drogues, de tabac et d'alcool augmente régulièrement chez les mineurs »

Mais « l'interdiction ne suffit pas », prévient Lionel Dieny, directeur technique du centre "Les Wads" du Comité mosellan de sauvegarde de l'enfance de l'adolescence et des adultes (CMSEA). Composé de médecins, de psychiatres et d'éducateurs, près de 350 adolescents de 12 à 18 ans y ont été traités cette année. « La consommation de drogues, de tabac et d'alcool augmente régulièrement chez les mineurs », constate d'ailleurs l'addictologue. Un comportement habituel chez « des jeunes attirés par le goût du risque et la transgression ». « Le dialogue est toujours la réponse à leur apporter », préconise-t-il. Quant aux parents, lire « Adolescents et cannabis : que faire ? » de Jean-Pierre Couteron, Muriel Lascaux et Aude Stehelin, ne serait pas de trop.
Consulter, un premier pas vers la guérison
Lorsque la prévention ne suffit plus, consulter est un premier pas vers la guérison. « Un acte qui n'a rien d'anodin », admet Lionel Dieny, rappelant que la consultation est gratuite et anonyme. Téléphone, mail et même réseaux sociaux sont mis en place pour faciliter les démarches : « Aujourd'hui, on gère une soixantaine d'adolescents à distance sur Facebook. Ils discutent avec un éducateur spécialisé et se livrent plus facilement ici. On doit aussi s'adapter à la nouvelle génération », affirme le délégué régional de la fédération Addiction. Le traitement, lui, varie au cas par cas.
Article et photo paru sur le Républicain Lorrain le 12/06/2018
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