Inclusion sociale

Phalsbourg : 55 migrants installés dans leur nouveau chez eux

Phalsbourg : 55 migrants installés dans leur nouveau chez eux

25 Janvier 2018
55 migrants politiques ont défait hier leurs valises à l'ancien centre Mathilde-Salomon de Phalsbourg. Ils resteront sur place le temps que leurs dossiers de demande d'asile soit examinés. La structure est gérée par le CMSEA.
 
Le centre Mathilde-Salomon a retrouvé la vie. Depuis mai 2017, et le déménagement des jeunes accueillis dans le centre-ville, l'ancienne auberge de jeunesse de Phalsbourg était vide. «  Et elle a déjà subi du vandalisme , souligne le maire Dany Kocher. Il était important de lui trouver une vocation.  »

C'est chose faite. Hier, à 13 h, un bus s'est garé en face de la porte d'entrée. À son bord, 55 passagers, dont un tiers d'enfants. Ils ont vidé les soutes du car pour installer leurs affaires dans les chambres qui leur ont été allouées. Venus de Macédoine, Serbie, Albanie, Monténégro, Géorgie, Arménie ou Iran, tous sont demandeurs d'asile. Et bénéficient donc d'une procédure d'hébergement d'urgence.

«  La préfecture recherchait des sites pour accueillir dans de bonnes conditions des migrants , poursuit Dany Kocher. C'était normal de les aider à trouver une solution. Et aussi de ne pas laisser des familles dans des situations précaires, à vivre dans des gymnases, des anciennes écoles, des hôtels qui ne sont pas adaptés…  » Aussi, le maire de Phalsbourg a proposé à la préfecture l'ancien centre Mathilde-Salomon.
En quelques semaines, au regard de l'urgence de la situation et du nombre important de demandes, l'affaire a été conclue. L'association CMSEA (Comité mosellan de sauvegarde de l'enfance, de l'adolescence et des adultes) a été choisie par la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) pour gérer l'hébergement de Phalsbourg.

Hier matin, ces professionnels du social ont investi les locaux. Avec une mission : tout préparer en quelques heures. En fonction de la taille des familles, les chambres ont été attribuées et équipées en conséquence. «  L'aménagement nous a pris toute la matinée  », signale Lydie Maugoust, directrice du centre. Au moment de l'arrivée du car, tout n'était pas encore fini, mais le principal était fait.
Sauf que les listes communiquées au CMSEA étaient fausses. Il a fallu, en urgence, redisposer certaines chambres.

Pour les migrants, ces couacs de dernière minute étaient un problème mineur, au regard de ce que leur a réservé la vie ces derniers mois. «  Ce sont des familles vulnérables, en danger dans leur pays , signale la sous-préfète de Sarrebourg-Château-Salins, Magali Martin. Tous sont en situation régulière : leur demande d'asile politique est en cours de traitement. Ils resteront ici jusqu'à ce que leur dossier soit examiné.  »
Les démarches sont censées durer au maximum deux mois. Avec, pour conséquences, soit l'obtention du statut de réfugié politique (qui permet de rester jusqu'à 10 ans en France avant renouvellement du permis de séjour), soit le renvoi dans le pays d'origine.
En attendant cette échéance, les migrants bénéficient à Phalsbourg, avec l'ouverture de ce centre d'hébergement d'urgence, de quelques semaines de répit dans un bâtiment adapté. Pas la Panacée, mais mieux que ce qu'ils avaient jusqu'à présent.

Le préfet de la Moselle Didier Martin avait programmé une visite dans le Pays de Sarrebourg hier après-midi, avec visite d'entreprises et participation aux voeux de la sous-préfète de l'arrondissement. Finalement, il a avancé l'horaire de sa venue, pour pouvoir visiter l'ancien centre Mathilde-Salomon, et se rendre compte par lui-même des conditions d'hébergement. «  Merci d'avoir identifié ce bâtiment et permis de l'ouvrir pour accueillir des demandeurs d'asile  », a-t-il signalé au maire Dany Kocher. Pas sûr que beaucoup d'autres maires se soient portés candidats aussi spontanément que celui de Phalsbourg…
Ils occupent une petite chambre au fond d'un couloir de l'ancien centre Mathilde-Salomon. Ils n'ont pas encore déballé leurs affaires, quelques sacs sans grand-chose dedans. Pourtant, Edi et Denisa, un couple de jeunes Kosovars, se félicitent d'être installés à Phalsbourg. «  Nous sommes arrivés en France en novembre , racontent-ils. Nous ne pouvions plus rester dans notre pays. Notre vie était sans cesse menacée.  »
Car la situation du couple est très particulière. Lui appartient à l'ethnie des Goranes, dans une région à forte majorité albanaise. «  Je me suis fait attaquer plusieurs fois, car je ne parle par leur langue. Nous parlons un mélange d'ancien serbe et de macédonien.  »

Pour elle, ce n'est guère mieux. Elle est d'origine serbe. Et le violent conflit avec la Serbie pour l'indépendance du Kosovo a laissé de graves séquelles parmi les différentes populations du pays. Les tensions sont réelles. Et celles visant les Serbes restés sur place sont les plus nombreuses.
Aussi, dans ce climat de terreur, ils ont décidé de partir vers l'Europe de l'Ouest, où leurs différences ne les mettraient plus en danger. «  Nous ne pouvions plus rester, c'était impossible. Ma femme a déjà perdu un bébé à cause de tous les soucis qu'on rencontrait. Il fallait faire quelque chose  », témoigne Edi.
Après des jours de trajet dans des conditions difficiles, le couple est arrivé en France et a fait sa demande d'asile politique. Il vivait jusqu'à présent dans un hôtel low-cost de Metz. «  On espère pouvoir essayer de vivre ici  », insiste Edi. Il est spécialiste en électronique et mécanique dans l'informatique. Elle est infirmière.
Mais s'ils veulent s'intégrer, il leur faudra apprendre vite le français. Le CMSEA, et les cours qu'il va proposer aux demandeurs d'asile phalsbourgeois, devrait pouvoir les y aider.
C'est le nombre de chambres dont dispose l'ancien centre Mathilde-Salomon. Jusqu'ici, 18 adolescents en difficultés y séjournaient, entourés par une grosse équipe médicale. Là, les chambres de 2 à 4 personnes permettent d'installer un maximum de 75 lits, plus quelques-uns provisoires. Au final, la capacité d'accueil se monte ici à 80 demandeurs d'asile. Pour l'instant, un contrat d'une durée de trois mois est prévu entre les différents partenaires du dossier.

Pour encadrer, les demandeurs d'asile, le CMSEA dispose de sept professionnels. «  Nous leur proposerons notamment un accompagnement socio-administratif  », explique la directrice Lydie Maugoust. Des cours de français sont aussi prévus. En fonction des besoins et des possibilités, des partenariats avec des associations locales sont envisageables, pour occuper ou proposer des activités pédagogiques aux migrants.
«  Ce sont des familles vulnérables, en danger dans leur pays. Ils resteront ici jusqu'à ce que leur demande d'asile politique soit traitée. »
Photo RL :
Article du Républicain Lorrain pau le 23/01/2018
 
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