Prévention spécialisée

Égalité homme-femme : il y a du boulot

Égalité homme-femme : il y a du boulot

04 Avril 2018
Une projection d'une heure, suivie d'une heure de débat. Les élèves ont pris la parole, hier au lycée Jean-de-Pange, dénonçant les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes.

Être une femme ne m'a pas aidée. On fait moins confiance aux femmes. La société nous a éduqués à croire les garçons et remettre en question la parole des filles. Une femme est définie par ce qu'elle représente, un homme par ce qu'il fait… » Les témoignages de Youtubeuses projetés aux élèves sont sans équivoque : l'égalité homme femme, ce n'est pas encore pour aujourd'hui. Le lycée Jean-de-Pange a réuni, hier, quatre classes de seconde et quatre de troisième des collèges Jaurès et Himmelsberg pour une projection débat sur ce sujet toujours d'actualité.

Insultes à caractère sexiste

La partie débat n'est pas restée silencieuse. De nombreux élèves ont tenu à s'exprimer sur le sujet. Ils ont apprécié ce documentaire qui, pour une fois, donnait essentiellement la parole aux femmes. La partie évoquant le cyberharcèlement subit par les Youtubeuses a marqué les esprits. « Les insultes à caractère sexiste sont choquantes : ça n'est pas parce qu'on est une fille qu'on peut se permettre de nous traiter de salope ou de nous menacer de viol », s'indigne une jeune fille. « Il faut briser le tabou sur le harcèlement sur internet mais aussi dans la vraie vie. On n'en parle pas : c'est chuchoté, insinué », s'inquiète une élève.

Ambitions freinées

D'autres ont bien conscience que la femme subit encore des inégalités. « C'est un monde dur pour les filles. Nous n'osons pas nous diriger vers certains métiers parce qu'on nous dit que ce n'est pas un boulot pour nous : on nous le serine depuis qu'on est toutes petites, on nous freine », affirme l'une des élèves.

Des craintes et parfois certaines souffrances qui ont été écoutées par les intervenantes du jour : Virginie Perbet, travailleuse sociale au CMSEA, de Forbach et Jacqueline Ries de l'Université de Lorraine. « Nous sommes conditionnés dès nos premiers jours : si un bébé fille pleure, on va dire qu'elle a du chagrin, si c'est un garçon : qu'il a du caractère ou qu'il est en colère », déplore Virginie Perbet. « Il y a trop peu de représentations des femmes, trop peu de modèles. Il ne faut pas se battre contre les hommes, mais oser prendre sa place, se sentir légitime », ajoute Jacqueline Ries. Comme le disaient les Youtubeuses à la fin du documentaire : on a besoin de femmes qui n'ont pas à s'excuser d'exister…
Vidéo Elles prennent la parole , libre d'accès sur Youtube.

Collégiens et lycéens ont participé aux échanges avec Jacqueline Ries et Virginie Perbet.
Article du Républicain Lorrain paru le 28/03/2018
Christel ZIMMERMANN

Photo C. Z.

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