Protection de l’enfance

  • Lorry-lès-Metz : veiller sur les plus vulnérables
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Lorry-lès-Metz : veiller sur les plus vulnérables

27 Décembre 2018

Ils ont été maltraités dans des familles trop carencées. La justice ou l'administration les a confiés à des adultes bienveillants. À Lorry-lès-Metz, le CMSEA a construit l'an dernier un véritable havre de paix pour les plus petits.

Son regard est vissé à l'écran de télé. L'émission de variétés et ce soudain débarquement de journalistes inspirent une saillie de diva à la petite Anne (*): «Je veux bien être prise en photo, moi, parce que je veux devenir une star ! », envoie la jeune fille en déployant ses deux bras vers le ciel. Qui sait si ça ne commence pas par deux-trois petites lignes dans un journal !

Dans la pièce d'à côté, Flavio fait viser ses devoirs par Lætitia, l'éducatrice. À côté encore, dans un bureau équipé hi-tech, Arthur improvise un karaoké, empêtré dans les fils qui le relient à un casque et son ordi. Ambiance cosy, bienvenue dans les groupes Centaure et Licorne, à Lorry-lès-Metz.

Dans quelques heures, la grande maison joliment décorée, entourée d'une terrasse en bois qui promet un doux retour du printemps, sera de nouveau investie par une ribambelle de bambins et de pré-ados de retour de l'école.
 

Un cocon tout neuf

Il y a un an, la construction neuve, semblable à ses voisines du quartier, a été inaugurée en grande pompe. D'abord par les représentants du Comité mosellan de sauvegarde de l'enfance (CMSEA), propriétaire des lieux, mais également par l'ensemble des services de la protection de l'enfance du Département. Car c'est de cela dont il s'agit ici : la mise sous cocon d'enfants mal tombés, maltraités, abusés, violentés. Ou parfois juste enlevés à leur famille trop carencée en tout, trop débordée, trop déficiente.

Les minots, âgés de 3 à 12 ans, se reconstruisent les uns auprès des autres, et avec ce que les adultes, éducateurs, psychologues, médecins peuvent leur offrir en bien-être et outils de guérison.

Alors les équipes, autour du directeur Jérôme Valente, ont mis le paquet dans la déco, l'équipement et tout ce qui peut concourir à réparer ces bambins que le mauvais sort a déjà abîmés. Le Centaure et la Licorne ont été privés de dortoir, de réfectoire, de salles de travail et de longs couloirs aux murs neutres. Les poignées de porte sont parées de paniers de feutrine rouge, les sapins de Noël sont posés dans les pièces communes et les coins repas rappellent la cuisine du voisin.
 

Comme à la maison

« Nous avons recréé des lieux de vie où on a envie d'être, où on se sent bien, avec des espaces modulables, des accès divers pour les petits et les plus grands », explique Jérôme Valente.

Vingt ans qu'il travaille pour l'association poids lourd et sa quarantaine d'établissements, qu'il grossit les rangs d'une structure comptant plus d'un millier de salariés. Éducateur puis directeur adjoint, puis directeur de Maisons d'éducation à caractère social (Mecs), il est le papa de coeur d'une centaine d'enfants.
 

Une ferme pédagogique

« Certains arrivent tout petits, nous quittent, reviennent. Ou restent avec nous jusqu'à 18, voire 21 ans. On apprend à se connaître, on s'attache évidemment. C'est ici leur maison, une sorte de parenthèse dans leur vie compliquée. On cherche à créer une continuité dans leur nouveau parcours. »

Deux bâtiments historiques de l'association ont été vendus du côté de Metz-Vallières et de la Patrotte pour rendre possible, l'an passé, la construction de ce refuge de Lorry-lès-Metz. L'an prochain, le grand jardin pourrait accueillir une ferme pédagogique. Car il n'y a pas que les hommes qui peuvent guérir les blessures.

(*) Les prénoms des enfants ont été modifiés.
 

Article de S.-G.SEBAOUI issu du Républicain Lorrain Edition de Metz Agglo & Orne du 27/12/2018 à 05:10

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