Addiction à l’alcool : « Face au regard de la société, les femmes peinent plus à demander de l’aide »
Le traditionnel Mois sans alcool, aussi appelé Dry January, a débuté le 1er janvier. Il consiste à réduire ou stopper sa consommation d’alcool durant un mois. Une initiative du gouvernement pour sensibiliser aux risques de l’alcool sur la santé et pratiqué par de nombreux Français.
Au centre des Wads de Forbach , le pôle addiction du Centre mosellan de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (CMSEA), l’alcool est une problématique traitée toute l’année. Une équipe spécialisée dans le soin, la prévention et la réduction des risques accueille les personnes souffrant de toutes sortes d’addictions (drogue, tabac, jeux, etc). « La consommation d’alcool représente une part importante de notre travail », note Frédéric Kaleta , directeur adjoint du centre. « C’est une addiction qui peut toucher tout le monde, les jeunes et les plus âgés, les hommes et les femmes, issus de tous milieux sociaux. Pour ces personnes, le Dry January n’est souvent pas la solution, car un arrêt net de la consommation peut présenter de sérieux dangers. Il faut un sevrage adapté et progressif. Le Dry January convient plus aux personnes qui consomment de l’alcool de façon festive. »
Groupe de parole féminin
Pour les personnes souffrant d’une addiction sévère, les premières étapes sont d’en prendre conscience et demander de l’aide. « Et cela est beaucoup plus difficile pour les femmes », constate le spécialiste. « L’addiction à l’alcool chez la femme est encore très mal perçue par la société, bien plus que chez l’homme. Les consommatrices sont souvent stigmatisées, souffrent de ce regard, et peuvent ressentir une forme de honte qui les empêche alors de venir consulter. » Elles ne sont pourtant pas épargnées par ce fléau, aux conséquences parfois importantes, « comme la dépression, l’isolement et diverses complications de santé ».
Depuis un peu plus d’un an, le centre des Wads a d’ailleurs mis en place un groupe de parole destiné uniquement aux femmes. « C’est un dispositif qui porte ses fruits. Cela permet à ces personnes de se sentir moins seules, d’échanger leurs expériences, de trouver du soutien. Elles peuvent parler librement. »
Séjours thérapeutiques
Dans tous les cas, l’addiction est traitée au cas par cas. « On écoute, on analyse la consommation en s’intéressant au contexte qui crée l’addiction, quelle fonction joue l’alcool pour la personne. Ici, on ne jugera jamais qui que ce soit. » Un médecin addictologue intervient au centre des Wads. « On s’appuie aussi beaucoup sur les médecins traitants et on oriente et accompagne vers l’hôpital si besoin. » Des séjours thérapeutiques sont mis en place, « pour consolider le sevrage sur la durée », détaille Frederic Kaleta. « Il s’agit d’une prise en charge sur le long terme. On accompagne aussi longtemps que nécessaire, même quand le sevrage total n’est pas possible. »
Article et photo du Republicain Lorrain paru le 03/01/2026









