Inclusion sociale

Le Dispositif ESPOIR à l'honneur dans le Républicain Lorrain

Le Dispositif ESPOIR à l'honneur dans le Républicain Lorrain

06 Juillet 2020

Violences conjugales : une écoute active au CMSEA Espoir

 

Le service d'accompagnement et de prévention des violences conjugales du Dispositif CMSEA Espoir, à Forbach, doit faire face à un nombre de sollicitations allant crescendo, notamment depuis le déconfinement. Les deux intervenantes, Nadine Trembleau et Virginie Perbet, font le maximum pour offrir une aide et un suivi à toute personne en détresse.
e Service accompagnement et prévention des violences conjugales du CMSEA Espoir est basé à Forbach, au 1 rue des Moulins. « Mais nous intervenons sur tout l'Est mosellan, nous fonctionnons en accueil en vis-à-vis ou par téléphone », expliquent les deux animatrices du dispositif. Nadine Trembleau, psychologue clinicienne de formation, travaille de façon complémentaire avec Virginie Perbet, animatrice diplômée. Cette dernière est également présente en commissariat et gendarmerie , « comme intervenante sociale. J'y rencontre des victimes ou auteurs d'infractions, qui sont orientés vers moi par les forces de l'ordre, explique la professionnelle. Majoritairement, les personnes que je vois sont en situation de violences conjugales et sont des femmes. »

Interventions en commissariat en gendarmerie

Virginie Perbet tient ce rôle depuis 2015 en commissariat, avec des permanences à Forbach et Freyming-Merlebach, et depuis 2017 en gendarmerie (Boulay, Behren et Farébersviller). « Cela représente trois jours et demi par semaine répartis entre les différents sites, précise-t-elle. Cela répond à un réel besoin. Mon intervention soulage policiers et gendarmes dans leur travail, ils peuvent se concentrer sur l'aspect pénal alors que moi je prends le relais au niveau de la prise en charge sociale de la personne en détresse, l'objectif étant de lui apporter une aide et un suivi. Depuis cinq ans que j'interviens, cette offre d'écoute est très bien accueillie, c'est exceptionnel qu'elle soit refusée. 

« La violence est une prise de pouvoir »

Que ce soit sur le lieu d'accueil d'écoute et d'orientation de la rue des Moulins ou en intervention en commissariat et gendarmerie, les deux professionnelles sont dans un travail d'accompagnement global des victimes pouvant s'inscrire dans la durée, en fonction du cheminement des personnes. « Nous sommes en appui. Nous écoutons, nous informons et orientons selon chaque situation », note Nadine Trembleau, rappelant que « la violence est une prise de pouvoir et un moyen de faire céder l'autre. »

Chaque prise en charge commence par une analyse de la situation. « Quels sont ses besoins, ses priorités, connaît-elle ses droits ? La personne a besoin d'avoir des informations précises pour prendre ses décisions et l'aider à reprendre les choses en main dans sa vie », rappelle Nadine Trembleau, plus spécialement chargée dans ce dispositif de l'animation des réseaux de professionnels et partenaires locaux. « Car c'est très important d'avoir une cohérence dans les réponses apportées aux victimes. »

Dispositif CMSEA Espoir service accompagnement des violences conjugales, 1 rue des Moulins à Forbach. Tél. 03 87 84 83 29. Permanences les mardis de 9 h à 11 h et de 13 h 30 à 15 h 30.

Une hausse du nombre des situations de violence

Durant le confinement, les deux professionnelles chargées du service Accompagnement et prévention des violences conjugales (APVC) du Dispositif CMSEA Espoir, à Forbach, n'ont pas constaté un nombre de cas plus élevé. « On a comparé par rapport à 2019. Par contre, nous avons mené beaucoup plus d'entretiens durant cette période. En avril 2020, nous en avons fait 47 contre 25 l'an dernier. » La raison ? « Nos relais habituels ne fonctionnaient pas comme d'habitude et les personnes se sont retrouvées dans des situations plus tendues et plus dangereuses. Elles nous rappelaient plus souvent », remarquent Nadine Trembleau et Virginie Perbet. Depuis le déconfinement, les appels vont crescendo. « Avec beaucoup de nouvelles situations de détresse. Des faits qui se sont passés pendant le confinement, où le phénomène d'emprise a souvent été accentué du fait de l'enfermement. »

Le sujet est davantage médiatisé

Ces dernières années, le service APVC enregistre une hausse de demandes d'aide. « Nous avons traité 120 situations de violence en 2019. Toutes concernaient des femmes, sauf une. C'était notre chiffre le plus élevé depuis 2016. » Les chiffres de début 2020 sont déjà hauts, et confirment que la tendance est loin de s'inverser.

« Nous sommes plus sollicitées parce que le sujet est davantage médiatisé. Il y a une sensibilisation du grand public, ce qui fait que l'entourage – les familles mais aussi voisins des victimes – prend le relais pour nous alerter sur des situations de violence », note Nadine Trembleau.

«  Le volet prévention et formation est essentiel pour pouvoir identifier et entendre les victimes. On a développé cet aspect au niveau de nos réseaux et on se rend compte que les choses évoluent bien, notamment chez professionnels de santé qui abordent le sujet plus systématiquement avec leurs patients. »

Nadine Trembleau (à gauche) et Virginie Perbet animent le service accompagnement et prévention des violences conjugales du CMSEA Espoir.
Elles tiennent des permanences au 1 rue des Moulins à Forbach et fonctionnent aussi par téléphone.  Photo et Article du Républicain Lorrain paru le 5 juillet
RL /Stéphane STIFTER
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