Prévention spécialisée

La Fondation Orange acteur contre la précarité numérique des jeunes

La Fondation Orange acteur contre la précarité numérique des jeunes

29 Avril 2022
Ce vendredi, à Montigny-lès-Metz, le Comité Mosellan de Sauvegarde de l'Enfance, de l'Adolescence et des Adultes et la Fondation Orange actent un partenariat fort de sens : favoriser l'inclusion numérique via le programme Écoles Numériques.

 

C'est l'une des actions haute en symboles et concrétisée grâce à une volonté synergique des acteurs s'employant à la faire vivre et durer. Ce vendredi, à Montigny-lès-Metz, au Dispositif d'Insertion du Comité Mosellan de Sauvegarde de l'Enfance et de l'Adolescence, le président du CMSEA, Gilles Thépot, et Sabine Martin, déléguée régionale Orange en Lorraine, célèbrent le partenariat des deux entités pour le succès de l'expérimentation du projet Écoles Numériques. Ce temps solennel a le souffle d'une vision commune : lutter contre les inégalités d'accès aux outils numériques chez les jeunes. Sur le sujet, le constat n'est pas très rassurant.
 

Des carences en compétences numériques

Une récente étude de l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) indique que 97,3 % des 15-29 ans se disent «assez ou très compétents» avec un smartphone. Selon l'Insee, cette tranche d'âge est celle de la population la plus équipée en smartphones. Moins d'un jeune sur 100 n'en possède pas. L'Arcep met en exergue un phénomène qui laisse songeur dans un monde où le tout numérique devient la norme. Ainsi, les 15-29 ans sont près de 30 % à se déclarer peu ou pas compétents en matière d'administration numérique. Un jeune français sur six s'estime pas ou peu compétent sur les logiciels de bureautique. Et ce n'est pas la seule compétence numérique qui leur fait défaut. Une autre enquête de l'Insee montre que près d'un jeune sur cinq a au moins une incapacité numérique parmi les quatre grandes compétences identifiées par l'Institut national de la statistique : information, communication, logiciels et résolution de problèmes. C'est un vrai obstacle, car le numérique est présent partout ou presque. Dès lors, la génération des «digital natives», dont les composants ont des besoins numériques divers, selon qu'ils soient collégiens, demandeurs d'emploi, étudiants, salariés, est bien moins digitale que l'on ne le pense. En somme, en plus d'être un handicap face au marché de l'emploi, cette carence se prolonge dans l'apprentissage des compétences numériques, telles que les tableurs ou les traitements de texte. Cela génère des difficultés et des disparités.
 

Accompagner les publics fragilisés

Le premier confinement vécu durant la crise de la Covid-19 a été un révélateur. 70 % des enseignants interrogés par l'association SynLab craignaient un décrochage scolaire de leurs élèves (du primaire au secondaire). D'après une étude sociologique sur «l'école à la maison» durant le confinement, 24,3 % des parents d'origine modeste jugeaient leur équipement et leur accès internet insuffisants (contre 17 % des familles plus aisées). Et les chiffres sont encore plus marquants concernant le sentiment de compétence informatique : 45 % des classes supérieures se sentent tout à fait capables de répondre aux exigences techniques numériques de l'école à la maison, contre seulement 31 % des classes populaires. Le projet porté le CMSEA et la Fondation Orange, avec le soutien d'Orange Solidarité, conjuguent donc leurs forces pour combatte contre ces inégalités d'accès aux outils numériques chez les jeunes. L'accompagnement des publics fragilisés, notamment sur le numérique, constitue un axe majeur de la Fondation Orange. L'expérimentation Écoles Numériques repose sur la mise à disposition de kits numériques, véritables salles de classes portables, permettant non seulement de s'appuyer sur du matériel informatique de qualité mais surtout d'accéder à des contenus pédagogiques libres de droit adaptés aux besoins des éducateurs et de leurs jeunes, dans un environnement protégé et maîtrisé. Par exemple, la Librairie Gutenberg, plus grande collection d'ouvrages du domaine public, permet d'accéder à plus de 54 000 ouvrages classiques français en format électronique.
 

Les kits numériques sur les territoires

Le CMSEA, avec ses 1 200 collaborateurs répartis sur plus de soixante-dix d'établissements et services, est un acteur économique et territorial important, partenaire des politiques publiques. L'accompagnement des jeunes vulnérables vers une insertion scolaire, sociale puis professionnelle réussie est au coeur de ses actions. Par leur partenariat, l'expérimentation a permis d'équiper 11 établissements du CMSEA avec 14 kits numérique, ce qui représente une valeur matérielle approchant les 35 000 € à travers la Moselle. Ce dispositif est également déployé en expérimentation sur d'autres territoires du Grand Est et de la Bourgogne Franche-Comté pour un total de 96 kits écoles numériques avec 960 tablettes qui seront ainsi mises à disposition pour un montant global de 350 000 €. Le kit numérique est composé de 10 tablettes (les cahiers vierges à partir desquels les enfants vont pouvoir travailler), un ordinateur portable, une enceinte, un projecteur et sa toile écran, et surtout : un serveur Raspberry disposant d'une antenne wifi et d'une carte SD munie de contenus pédagogiques libres de droit. Ces équipements répondent directement aux besoins des animateurs et des jeunes, en renforçant l'aide aux devoirs et l'éveil culturel ; ils contribuent ainsi à réduire la fracture numérique entre les jeunes. Des temps d'accompagnement à la prise en main de ces nouveaux outils sont assumés en présentiel par l'équipe de la Fondation Orange et de l'association Orange Solidarité jusqu'au mois de juin 2022. Le dialogue entre les différents établissements du CMSEA et la Fondation Orange est un facteur essentiel de réussite de cette expérimentation. Les retours des animateurs et de leurs élèves sur la pertinence de ces outils permettront de guider la possible extension de ce projet à l'ensemble du territoire national. Quelle que soit la conclusion, la priorité reste la même pour tous les acteurs engagés : répondre au mieux aux besoins des jeunes. Car, dans ce domaine, comme dans d'autres, c'est leur avenir qui est en jeu...



Article et photo paru le 29 avril dans la Gazette Moselle 

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